à propos / about

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Collecting banners and protest signs for the archives - June 21, 2012. La ceuillette de bannires et pancartes pour les archives - 21 juin 2012.

After the pickup of banners and protest signs for the archives – June 21, 2012. Après la ceuillette de bannières et pancartes pour les archives – 21 juin 2012.

En février 2012, les étudiants des Cégeps et universités du Québec ont entamé une grève de six mois afin de s’opposer à l’augmentation des frais de scolarités décrétée par le gouvernement libéral. Cette grève s’est transformée en grand mouvement populaire, historique par sa durée, impressionnant par sa capacité de mobilisation et remarquablement créatif avec une approche artistique foisonnante. Le Printemps Érable inspire et initie toute une génération aux manifestations, aux assemblées générales et à l’arène politique.

Étudiant à la maîtrise à l’Université Concordia, j’ai exercé mon droit de vote aux assemblées de mon association (GSA) et j’ai voté pour la grève. J’ai aussi été à l’occasion le représentant de mon association lors des grandes assemblées tenues par la Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE). Durant les premiers mois de grève, j’ai écrit plusieurs billets sur le blogue de la cohorte de Media Studies – MediaSwap.

Les 2400 (et plus) affiches, bannières, images numériques, vidéos, installations, performances et tous autres artefacts visuels qui figurent sur ce blogue sont devenues ma participation principale au mouvement du Printemps Érable, en tant qu’étudiant militant en grève et aussi en tant qu’opposant à tous mouvements d’oppression.

Mon implication dans le mouvement de la grève étudiante a également transformé mon projet de recherche. Du développement des médias au Sud Soudan, j’ai bifurqué à l’idée de l’archivage de notre mémoire collective ; de sa récolte, de son autoreprésentation et de sa conscience contestataire.

La première grande marche a réuni plus de 200 000 manifestants dans les rues de Montréal le 22 mars 2012. Tous les 22 du mois suivant, l’événement se répétait, entrainant des milliers de gens dans les rues. Le 30 avril, les manifestants ont entamé la première manif de nuit, idée qui se répétera tous les soirs suivants à partir du parc Emilie-Gamelin, avec en arrière-plan une répression de plus en plus costaude de la part des policiers.

A flag commemorating Montréal's 75th consecutive night demo on July 7, 2012 - Un drapeau célébrant la 75e manif de nuit consécutive le 7 juillet 2012. (photographe : Alex)

A flag commemorating Montréal’s 75th consecutive night demo on July 7, 2012 – Un drapeau célébrant la 75e manif de nuit consécutive le 7 juillet 2012. (photographe : Alexandre Guedon)

Ce projet de recherche-création de récolte d’archives a démarré sur Facebook. Mais la censure facebokienne sur certaines images et son contrôle de l’information m’ont rapidement fait changer le lieu de rassemblement sur le web, afin d’être libre et de pouvoir offrir un meilleur accès à notre imagerie collective.

Au tout début, je classais les images par genre. Et le travail se poursuit et se renouvelle sans cesse, afin d’apporter de nouvelles significations à la collection. Ces archives sont mon laboratoire. C’est mon lieu privilégié d’expérimentation, de mash-up, d’adaptation, de recyclage, de remix, de terrain de jeu. Je suis sans cesse inspiré par cette créativité collective. Je travaille présentement à l’élaboration d’une immense, voire gigantesque bannière, à partir de toutes ces images. Quelque chose de neuf, d’intimement personnel. Lorsque ça sera terminé, j’irai l’installer au-dessus d’un viaduc ou tout autre lieu public afin de l’ajouter à cet héritage culturel contestataire. Je vous invite à faire la même chose !

Les symboles récurrents qui se trouvent dans ces archives, lorsqu’ils sont réunis deviennent une force qui défie le langage dominant des élites et leurs mots régurgités par les médias de masse. Sans l’accès à sa propre histoire, un mouvement de protestation a besoin de l’extérieur pour se faire raconter son passé. L’accessibilité à sa propre histoire, vue de l’intérieur est cruciale. Le support physique de cette imagerie ne compte guère. Le souvenir et la mémoire des actions posées sont bien plus importants. Et ce n’est pas non plus les événements, date et lieux qui comptent, mais bien le changement qui s’opère en chacun de nous.

Ensemble, nous pouvons imaginer le réel changement et les actions nécessaires. L’intention de cette collection ne se résume pas à immortaliser des milliers d’artefacts visuels ni de tomber dans la nostalgie. Mais plutôt d’être un lieu de conservation pour nourrir la suite de nos combats, de développer un patrimoine culturel contestataire bien au-delà de notre printemps érable de 2012.

Contact

David Widgington
widge [@] burningbillboard.org
twitter : @david_widge

flickr : http://www.flickr.com/photos/78655115@N05/sets/

Protest signs are discarded at Champs-de-Mars metro station after March 22, 2012 demonstration - Des pancartes jetées à l'entrée du metro Champs-de-mars après la manifestation du 22 mars 2012. photo: David Widgington

Protest signs are discarded at Champs-de-Mars metro station after March 22, 2012 demonstration – Des pancartes jetées à l’entrée du metro Champs-de-mars après la manifestation du 22 mars 2012. photo: David Widgington

In February 2012, Québec college and university students initiated a six-month strike to oppose government-imposed tuition increases that led to a popular movement that was historic in its duration, impressive in its capacity for continued mass mobilization and — as exemplified by the contents of this archive — remarkably creative in its approach to dissent. The “printemps érable” inspired a generation and acquainted them to street activism, to general assembly democracy and to power politics.

As a MA Media Studies graduate student at Concordia University, I voted to strike at Graduate Student Association (GSA) general assemblies. I was also an occasional as a GSA spokesperson at conferences held by la Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), the largest student union and the more critical defender of accessible education. During the first couple of months of the strike, I wrote several posts on the Media Studies cohort blog: MediaSwap.

La bannière est réutilisée lors de la vigile silencieuse contre les arrestations de masse sous le règlement municipale P-6. The banner is reused as originally intended during vigil against mass arrests under municipal by-law P-6. Rue Ste-Catherine coin Jeanne-Mance, Montréal – March 29 mars 2013. photo: Michelle Moore.

La bannière est réutilisée lors de la vigile silencieuse contre les arrestations de masse sous le règlement municipale P-6. The banner is reused as originally intended during vigil against mass arrests under municipal by-law P-6. Rue Ste-Catherine coin Jeanne-Mance, Montréal – March 29 mars 2013. photo: Michelle Moore.

The 2400+ posters, banners, protest signs, digital images, videos, installations, performances and other genres of visual artifacts within this archive have become my lead intervention as a student activist on strike and as a supporter of an oppositional movements against oppression of every kind. As a direct result of my involvement in the student strike, I changed my research-creation focus from media development in South Sudan (a topic that became increasingly elusive as the strike continued and as time passed since my 2009 visit to the region) to ideas around archival sedimentation, collective (self)representation and oppositional consciousness.

The strike’s first ‘national’ protest on March 22, 2012 had an estimated 200,000 demonstrators on the streets of Montréal and initiated a monthly mass demonstration on the 22nd of each month. At the end of the demonstration, hundreds of protest signs and banners were discarded On April 30, Montréal had its first night of more than 100 consecutive night demonstrations that left Place Émilie-Gamelin every night after 20h30 in a ritual gathering of dissent that was often confronted by riot police and their repression.

This research-creation project began as a prototype archive on FB, but the censorship of some visual artefacts and FB’s capitalist control of information distribution forced me to seek more open spaces on the net to provide better access to all of the archive’s imagery.

After taking down the 25 banners from the exhibit (rolled up in the foreground) I wrapped myself in the giant puppet l'Oie Spéciale created by Chloé Germain-Therien.  Après le démontage de l'exposition de 25 bannières (roulées en avant plan), David s'enrobe de l'oie spéciale, une maironnette géante créée par Chloé Germain-Thernien.

After taking down the 25 banners from the exhibit (rolled up in the foreground) I wrapped myself in the giant puppet l’Oie Spéciale created by Chloé Germain-Therien. Après le démontage de l’exposition de 25 bannières (roulées en avant plan), David s’enrobe de l’oie spéciale, une maironnette géante créée par Chloé Germain-Thernien.

These visual artefacts were first arranged by genre. They are continually being resorted into signifying constellations to bring new meaning to the collection. This archive is my laboratory where I stir the artifacts to invoke a wreaking of havoc by unsettling its ‘sedimentation’. It is my place for experimentation to mashed-up, adapted and recycled its contents with rabble-rousing inspiration. I am now making a giant banner with the imagery from this archive to create something new, something personal, something that, once it is complete, I will hang it from an overpass or some other public place and add to our oppositional cultural heritage. I invite you to do the same!

The recurring symbols within the archive’s visual artifacts — when united — reveal an oppositional consciousness that challenges the dominant language of supremacy present in government press conferences and regurgitated by the mainstream media. Without access to its own history, a protest movement will need to rely on other’s retelling of the past. Although the social movement poster, banner, protest sign, etcetera are physical artifacts, their physicality is less important to history than the oppositional reminders of actions taken to bring about progressive change. It is not the concrete effects of a specific movement at a particular time and place that are the beneficiaries, it is the change in ourselves that is most important.

When developed, an oppositional consciousness can then imagine the possibility of real change and the actions needed to oppose oppression and establish an equitable society. The purpose of collecting oppositional visual artifacts in an archive is not to memorialize the past nor dwell in nostalgia. Instead, its gathering is to create a storehouse from which to build an oppositional cultural heritage required to combat all forms of oppression from one social upheaval (like Québec’s 2012 printemps érable) to the next and in solidarity with the multiplicity of social movements.

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David Widgington
widge [@] burningbillboard.org
twitter : @david_widge
flickr : http://www.flickr.com/photos/78655115@N05/sets/