Campagne contre la culture du viol / Poster Campaign Against Rape Culture

ontwatch

Une nouvelle campagne d’affichage sauvage s’installe dans les rues de Montréal : ONTWATCH

A new activist poster campaign reclaims public space in Montréal: ONTWATCH

"If you think I'm cute, do me a favor. I didn't ask for anything so SHUT YOUR MOUTH!"

“If you think I’m cute, do me a favor. I didn’t ask for anything so SHUT YOUR MOUTH!”

« Force est de constater aujourd’hui la quasi-banalisation des violences faites aux femmes et aux personnes qui ne rentreraient pas dans le moule normatif du genre1. Ce type de discrimination qui survient dans l’espace public est généralement invisibilisé. Bien que les agressions physiques et les injures de nature sexiste ou homophobe soient interdites, elles ne se produisent pas moins couramment dans la rue comme dans tous nos espaces de vie. L’espace public est un espace genré. La ville est pensée par et pour les hommes blancs, hétéro, de classe aisée.

A en croire les discours courants, la rue serait dangereuse en soi pour les femmes, qui seraient «biologiquement» vulnérables. Beaucoup de personnes ne se pensent pas capables de se défendre en cas d’attaque. Les grandes différences de traitement au cours de l’éducation genrée (les garçons sont souvent plus nourries que les filles, plus encouragés à faire du sport, à se bagarrer, à sortir, etc) expliquent pourquoi les femmes ne sont généralement pas conditionnées pour être à l’aise avec leur corps et l’espace. L’intériorisation des normes de genre a des impacts directs sur nos pratiques, nos comportements, nos représentations, de soi, des autres, et cela a pour effet de stigmatiser les individus qui ne s’identifie pas au rôle de genre qui leur a été imposé et tend à les vulnérabiliser. (lire davantage)

Nous ne vous devons rien, ni de notre temps, ni de notre sourir

“We don’t owe you anything, neither time nor smile.”

Au détour d’un coin de rue, en sortant de chez soi, en route vers le travail, nulle n’est à l’abri du regard et des remarques désobligeantes qui font de nous des moins que rien, de la viande sur deux pattes, sur laquelle on s’arroge un droit de regard, de commentaires. On nous éduque à vivre dans le régime de la peur, dans la menace de se faire agresser, sans nous offrir les outils pour y faire face mis à part ces conseils bidons (ne pas marcher seule le soir, ne pas porter de jupe, et dernièrement, ne pas prendre le taxi seule en état d’ébriété, etc) qui participent à la culture du viol, qui “responsabilisent” la victime au lieu de viser les agresseurs. C’est ainsi  qu’on nous impose l’idée qu’il est normal de se faire aborder, que c’est dans la nature des hommes, qu’il est implicitement  permis que des comportements d’agression continuent de se produire dans l’espace public. Le simple fait, et il semble fort banal, d’être bombardé quotidiennement d’images, de publicités sexistes conditionne nos rapports. Objectifiées, commodifiées, utilisées pour vendre la norme; qui s’étonne encore qu’une majorité d’entre nous expérimentent quotidiennement du harcèlement sexuel ou du racisme dans les rues de Montréal? Ces expériences sont complètement invisibilisées, dénigrées, banalisées; elles sont objets de nos quotidiens, auxquelles trop souvent on fait face, en silence, sans trop savoir comment répliquer. Elles démontrent du même coup que les rapports à l’Autre sont invariablement pris dans des dynamiques de domination, qu’il vaut mieux taire que de nommer.

Au contraire de l’art urbain, du street art, ce projet d’affichage est un projet de réappropriation de la ville, et non de revalorisation ou d’embellissement. Rendre visible ces dynamiques de pouvoir, les nommer, reconnaître leurs existences c’est aussi permettre de les éradiquer peu à peu.

Ceci est une invitation, à toute personne qui est tannée d’être considérée comme un bout de viande sur deux pattes, à toute personne qui ne sait quoi répondre à ces morons qui s’arrogent un droit de regard, de commentaires, à toute personne qui en a marre d’être une “victime”.

Ceci est une invitation à se réapproprier nos espaces, à créer un climat de prise de pouvoir et de confiance, de solidarité aussi, mais surtout il faut le clamer haut et fort, ce n’est pas à nous de faire attention à ce qu’on porte, à l’endroit où on se promène, à quelle heure, avec qui, pis avec quelle attitude, qui on regarde dans les yeux pis comment on marche. C’est pas à nous à corriger notre comportement faque,

CONTRÔLE-TOI GROS CAVE, pis ferme ta yeule !!!

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"Mettons fin au harcèlement de rue."

“Mettons fin au harcèlement de rue.”

It is important to recognize the quasi-normalization of violence carried out against women and those who do not fit into the normative gender mold. This type of discrimination, while occurring in public space, is generally invisibilized. Although physical assault and sexist and homophobic insults are often prohibited, they still happen commonly in the streets, as in all other spaces we inhabit. Public space is gendered. The city is designed for and by wealthy, white, cisgender, straight men.

If we are to believe popular narratives, the streets in and of themselves are dangerous for women, who are “biologically” vulnerable. Many people do not consider themselves capable of self-defense against an attack. Vast differences in gendered upbringing (boys are often fed more than girls, encouraged to play sports, to fight, to go out, etc.) explain how women are generally not conditioned to be comfortable within their bodies and the spaces they encounter. Internalizing these gender norms has a direct impact on our practices, behaviours, representations of ourselves and others; this in turn has a stigmatizing effect on individuals who do not self-identify with the gender role that has been imposed on them and tends to make them vulnerable. (read more).

Just because I move through public space does not mean that my body is a public space.

“Ce n’est pas parce que je suis dans un lieu public que mon corps en est un.”

Around the corner, leaving our homes, on route for work, never safe from the looks and the unwelcome comments that make you feel small. A walking piece of meat, of course they feel entitled to look and comment. We are taught to live in fear, always threatened with the possibility of being assaulted and never offered any tools to deal it other than ridiculous advice (never walk anywhere alone at night, don’t wear skirts, and lately, don’t take a taxi by yourself if you happen to be drunk, etc) that serves to reinforce rape culture and put the onus on the victim instead of targetting the rapists. Thus, perpetuating notions that it is normal to be accosted, that it’s in men’s nature, implying that certain behaviors are to be expected in public spaces. The simple and oft banal fact that we are regularly bombarded with sexist ads and imagery condition our behaviors. Objectified, commodified, used to sell the norm, why is anyone surprised that most of us regularly experience sexual harassement and/or racism in the streets of Montreal? These experiences that are systematically invisibilized, denied, normalized; they are our daily experiences which we so often deal with in silence, unsure of how to respond. A symptom that indicates that our dealings with the Other are still tied up in the dynamics of domination that are easier to name than to deal with.

Unlike urban and street art, this project is one of reappropriation of the city not one of revalorizing or embelishment. Making these power dynamics visible, naming them, acknowledging that they exist, also allows for them to be destroyed little by little.

This is an invitation, to all people who are tired of feeling like a walking piece of meat, all those who dont know how to respond to those entitled morons’ gaze and comments, to any person that is sick of being a “victim”.

Here is your invitation to reappropriate our spaces, to create an environment of confidence to take ‘the power back, one of solidarity, but more so to reitirate that it is not our responsibility to alter the way we dress, where we walk, at what time, with whom, how we hold ourselves, who we look in the eye and how we are walking. It’s not up to us to fix our behavior,

CONTROL YOURSELF YOU FUCKING ASSHOLES, and shut your mouth !!!

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