P-6 : présence moins marquée dans les archives que la loi 78

par Garnotte (Le Devoir) 9 mai 2012

par Garnotte (Le Devoir)
9 mai 2012

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Durant la grève étudiante, deux lois antidémocratiques furent adoptées. Leur but unique : contrôler et limiter le droit à manifester. La loi P-6 fut adoptée au niveau municipal, à Montréal, et au niveau provincial, ce fut le tour à la loi 78 (La loi spéciale, aka 12). Les deux lois furent adoptées en mai 2012 à quelques jours près, en réponse directe au mouvement étudiant qui prenait de l’ampleur. Des lois qui facilitaient grandement le travail des policiers à réprimer la désobéissance et la résistance étudiante. Plus, la saison touristique allait véritablement démarrer avec la week-end fut Grand Prix de Montréal, où la ville est envahie de touristes. Montréal et le gouvernement du Québec ne désiraient pas que Montréal soit entachée par des manifestations.

par Garnotte (Le Devoir) 11 mai 2012

par Garnotte (Le Devoir)
11 mai 2012

La loi 78 a été utilisée à de nombreuses reprises pendant la grève. Par contre, la loi P-6 n’a guère été utilisée pour justifier des arrestations durant la grève, quoique qu’elle était le prétexte de déclarer la manifestation illégale à n’importe quel moment durant la marche, ce qui deviendra un automatisme de la part des autorités policières. La déclaration illégale donnent un pouvoir aux policiers de disperser les manifestants et ce, avec tous les moyens possibles : gaz lacrymogène, balles de caoutchouc, grenades assourdissantes, matraques et intimidation verbale. À l’automne 2012, la loi 72 fut retirée suite à l’élection du nouveau gouvernement provincial. Mais P-6 est toujours là.

À l’hiver 2013, plusieurs manifestations furent déclarées illégales avant même qu’elles ne débutent et des arrestations de masse en découlèrent. Le motif des arrestations : ne pas fournir d’itinéraire à la police. À plus de quatre occasions en peu de temps, des centaines de personnes ont été arrêtées, confinées et ont reçu une amende de 637$ pour avoir participer à ces manifestations.

par Garnotte (Le Devoir) 18 mai 2012

par Garnotte (Le Devoir)
18 mai 2012

Ironiquement, durant la grève étudiante, l’attention était tournée vers la loi 78, négligeant la loi P-6. Peut-être est-ce une des raisons que la loi P-6 est restée et s’est endurcie. Les partis d’opposition ont tenté de faire adopter une motion pour transformer « en douceur » la loi P-6. Sans succès.

Dans ces archives sur ce site, des centaines d’affiches, bannières, signes de protestations font référence à la loi 78 alors que seulement trois caricatures toutes parues dans le quotidien Le Devoir illustrent la loi P-6. Le 22 mars 2013 des bannières sont été déroulées à la Place Émilie-Gamelin par l’ASSÉ afin de ne pas oublier ces deux lois répressives. Et que cette répression perdure toujours.

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One comment

  1. RR

    L’endurciment du P6 coincidait avec l’adoption de 78. Le changement le plus remarqué était la clause anti-masque traitée presque comme un nouveau règlement..

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